11 janvier 2008
Nouvelle vague et lame de fond.
Nouvelle vague, Françoise Giroud révèle le
terme pour la première fois dans le journal l’Express, voilà un demi-siècle.
La
suite on la connaît, alors trêve de parlotes, de poncifs et de boniments, place
à présent au discrédit.
Si le décorum intellectuel français veuille
de bon gré permettre quelconque critique, ce qui n’est pas acquis, alors il
serait bon de remettre en cause ce qui est regrettablement devenu un fardeau
patrimonial, frein à toute évolution cinématographique hexagonale. L’objection
ne se situe aucunement sur l’initiative d’un tel mouvement, bien évidemment,
mais comme souvent dans toute révolution énoncée, l’insanité fléchit sur la
tournure des événements résultant ainsi un dénouement non escompté. Par exemple
récemment, la démarche dogmatique plus qu’honorable de Lars von Trier ne l’a
pas empêché d’aboutir à son film Dogville, insulte abjecte envers le cinéma.
Bien que la nouvelle vague ait été grandement
bénéfique à l’époque d’un point de vue international, on ne peut en dire autant
de ses conséquences sur le cinéma français, ou du moins portée bénéfique seulement
à court terme et répercussions funestes jusqu’à maintenant. Car cinquante ans
après, qu’en reste-t-il au juste ? Hormis une kyrielle d’oeuvres insupportablement
indigestes, égocentriques, et aujourd’hui des rues ou des écoles
portant le nom de ces réalisateurs, malheureusement pas grand-chose. A noter
toutefois, pour dissiper la noirceur des propos, que la qualité pointe parfois le bout de son nez et d’aucuns même, tirent leurs épingles du jeu, que ce soit un
Eustache, un Resnais ou un Chabrol, pour ne citer qu’eux. Mais, et ce mais est
capital, dans les écoles de cinéma ou ailleurs, lorsque l’on présente ardemment
à des élèves un Truffaut ou un Godard comme étant hautement représentatif du
cinéma français, attitude d’autant plus inexcusable qu’elle s’opère au
détriment d’autres réalisateurs de cette période ô combien plus essentiels,
Maurice Pialat, Gérard Blain et autres cinéastes peut-être moins intelligibles
s’en retrouvant donc presque occultés, qu’on ne dise pas ensuite que les
difficultés scénaristiques que connaît notre cinéma à l’heure actuelle sont
seulement d’ordre statutaire et financier ; qu’on se le dise, la nouvelle
vague assomme encore aujourd’hui l’écriture française. Beaucoup de cette fine
équipe, pour aller plus loin, sont même plus des théoriciens que des cinéastes,
il suffit de constater le fossé entre ce qui est proposé dans le Hitchbook,
passionnant livre entretien Hitchcock-Truffaut, et la piètre valeur fréquemment
constatée des films de ce dernier.
La
nouvelle vague, volontiers, avec modération.

Maman, c'est quoi la Nouvelle vague?
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